Trail du Vuache : une double première pour moi


Allez il faut tenir bon, plus que quelques mètres...


Dimanche 19 octobre, sous un soleil radieux 165 chanceux prenaient le départ de la 1ère édition du Trail du Vuache organisé par la MJC du Vuache.

Chanceux, oui car c'est une chance d'être le pionnier d'une épreuve, d'une course, d'être le premier à fouler un chemin, marquer son empreinte, explorer, découvrir, et pourquoi pas planter un petit drapeau tel Armstrong sur la lune !

Pour moi c'était une autre grande première, puisque c'était mon premier trail de plus de 20km...Après le trail du Brevon au mois de juin (13km - 800 DM+) et l'interlac Trail en juillet (17km - 1000 D-), je prenais le départ d'un nouveau défi, 26 km et 700 D+.

Si j'avais déjà testé en marche nordique des distances de plus de 20 km, Escapade du Salève (25km en 4h41) et Euronordic Vercors (22,5km en 4h11) en 2013, c'était la première fois que je m'élançais sur 26 km, avec l'envie de réaliser un nouveau défi.

Rappelons que j'ai commencé à courir en début d'année, avec l'envie d'accélérer un peu et de me libérer des contraintes des compétitions de marche nordique. Envie d'avoir un large choix de courses, de pouvoir me faire plaisir en pleine nature, de m'évader à mon rythme sur des sentiers de forêts ou de montagne, de pouvoir marcher ou courir au gré de mes possibilités ou envies, avec ou sans bâtons.

Après un été plutôt reposant, je reprenais, motivée, l'entraînement début septembre avec l'intention de relever au mieux le challenge, c'est à dire parcourir les 26 kilomètres du trail du Vuache en moins de 4 heures, voir me rapprocher des 3h30.
Entre les cours, sorties et rando nordic, je parcourais plus de 200 kilomètres en 6 semaines. C'était sans compter sur la fatigue, le stress et une grosse rhinite allergique en cette rentrée scolaire un peu particulière, qui peu à peu me firent douter de mes capacités.

Au départ, on a le sourire avec mon amie Céline.
C'est donc avec un gros point d'interrogation que je prenais le départ ce dimanche matin, dans une belle ambiance conviviale et dans des conditions  météo optimales. Malgré l'appréhension, je me répétais que l'objectif premier était de me faire plaisir et de profiter des merveilleux chemins du Vuache.

Rapidement distancée dans la première montée par presque tous les concurrents, il ne me restait qu'une option.... faire la course à mon rythme, tout en essayant de le trouver. Quatre heures face à moi-même, me laisser guider par le chemin, avec juste ma musique pour m'entraîner...

Je vous passerai les détails sur les doutes, le plaisir que l'on essaie de trouver malgré la douleur, le souffle trop court, les jambes qui se font lourdes, une via ferrata impossible au 20ème kilomètre, la chaleur parfois accablante même en ce mois d'octobre estival ou encore la fraîcheur bienvenue du sous-bois, la dernière ligne droite assassine en plein soleil ou encore ce coureur malheureux que j'ai secouru au kilomètre 7, trop heureux de voir encore quelqu'un passer alors que cela faisait 30 minutes qu'il était là !

Enfin la ligne d'arrivée... bizarre il n'y a  presque plus personne


J'ai bien vite compris que tous les concurrents étaient loin devant moi, et que ce n'était pas aujourd'hui que je les rattraperai, ni demain non plus. Mais quelle joie de passer la ligne d'arrivée avec mon fils venue m'encourager, de se sentir fière d'avoir relever un beau challenge.

J'ai bouclé ce trail en 3h52, avec un léger sentiment de frustration, car voilà, je suis loin derrière mon amie Céline qui met 3h08...Mais je dois aussi savourer mon bonheur, ne pas oublier d'où je viens, le chemin parcouru en ayant commencé à courir à 40 ans passés !

UN GRAND BRAVO ET MERCI AUX ORGANISATEURS et BENEVOLES pour ce superbe 1er trail du Vuache. A l'année prochaine, pour faire encore mieux ;-)



A l'arrivée avec mon fils, tiens j'ai encore le sourire !



Trans Trièves, un marathon nordic sur deux jours pour découvrir en douceur un territoire authentique

Une rando nordic itinérante de deux jours en Trièves

Il y a deux mois quand j'ai reçu l'invitation de Pascal Lluch à participer à la 2ème édition de la Nordic Trans Trièves, promettant une découverte conviviale et sportive d'un territoire grandiose et authentique,  je n'ai pas hésité une seconde.


Un écrin, entre Vercors

Pour avoir souvent traversé le Trièves en voiture, sans jamais m'y arrêter, sans prendre le temps de le connaître, j'ai saisi l'opportunité de partir à la rencontre d'une région et de ses habitants, de la plus belle manière, en marchant. Deux jours de marche, soit 42 kilomètres parcourus entre Monestier de Clermont et Mens le premier jour, puis de Mens à Clelles le second. Deux jours d'itinérance pour partir à la découverte d'un territoire d'une richesse incroyable au niveau patrimonial, culturel et écologique.

et Dévoluy

Un véritable terroir authentique
Notre pays recèle d'incroyables pépites, et le Trièves lové entre Vercors et Devoluy mérite que l'on s'y arrête pour faire connaissance. Cette terre enclavée qui semble au bout du monde et au milieu de nulle part, a su protéger ses populations au fil de l'histoire, faire émerger une agriculture et un commerce florissant à proximité des grands axes d'échanges entre Grenoble et Gap, Grenoble et Sisteron, avant qu'il ne décline avec l'exode rural du siècle dernier.





Ses habitants attachés à leur territoire, que l'on devine de caractère, s'évertuent à mettre en place une nouvelle société durable entre transition énergétique, développement durable et agro-économie. A l'image de ces vignerons qui, tels d'irréductibles gaulois, défient les normes et les lois depuis une dizaine d'années pour imposer leur vignoble "conservatoire" en Trièves.

Une nature préservée à énergie positive
Pendant ce temps, d'hardis défenseurs des paysages naturels freinent le développement des voies modernes de communication. L'autoroute semble définitivement s'être arrêtée à Monestier de Clermont, tandis que des passerelles Himalayennes enjambent le Drac et l'Ebron pour relier les rives d'un territoire escarpé. Le train fait encore escale, pour combien de temps encore en gare de Monestier ou de Clelles ?


Passerelle sur le lac de Monteynard 

Ainsi, l'authentique et nature Trièves s'apprivoise doucement, en marchant, pour mieux le découvrir, loin de la routine trépidante du monde moderne, pour prendre le temps d'échanger vraiment, avec ses habitants, ses producteurs locaux, ses bâtisseurs d'une société nouvelle à énergie positive.

Un grand merci à Pascal Lluch de Rando Pays et aux accompagnateurs en montagne, Jean-Marc Jacquet et Béatrix Voigt, aux organisteurs de Trièves Tourisme, aux producteurs locaux,... Bravo et continuez ainsi dans votre démarche humaine et humaniste.

Au delà de la rencontre, la marche est un temps différent, une ouverture à soi et à l'autre, une échappée belle à la routine, une quête intérieure. Un voyage qui à chaque fois entraîne une réflexion, une pensée, que j'aime vous faire partager.





Marcher ou l'éloge de la lenteur (pour citer David Le Breton)
Marcher pendant une journée, à son rythme, 
Marcher vingt kilomètres durant, en laissant les paysages défiler,
Marcher en prenant le temps, admirer l'architecture d'une ancienne ferme fortifiée

Marcher en écoutant le souffle du vent ou le chant d'un oiseau,
Marcher en traversant une aérienne passerelle himalayenne,

Puis faire une pause gustative pour découvrir les spécialités locales, 

Marcher encore, reprendre son souffle, gravir une colline,
Marcher, oublier le temps, se perdre dans l'instant,

Marcher, naturellement, pas à pas, en cherchant son chemin, 
Marcher pour trouver sa voie, explorer, rencontrer, découvrir,
Marcher, partager, discuter ou simplement écouter l'autre,
Marcher et arriver enfin à destination, heureuse du chemin parcouru.